top of page

Extrait 4 : Le Guerrier Millénaire.


Et voilà déjà le quatrième extrait du Guerrier Millénaire, qui provoque toujours autant d'émoi chez mes lecteurs, je suis tout chamboulé !

Non ? Bon, beh non...

Ce morceau là introduit un nouveau personnage : Darnielin ! Un démon (satyre). Et... Je vois pas bien ce que je pourrai vous dire plus.

Hormis bonne lecture ? :p


(Non, ya pas de cape...)

Les ténèbres régnaient sur Tokyo, semant la terreur. Les rues étaient désormais pratiquement vides, les gens se cloîtrant chez eux par crainte de ce qui se préparait. Pas une lumière ne venait éclairer la ville, pas un appareil ne fonctionnait. Sauf dans un appartement du quartier Shimbashi. D'une porte arrachée de ses gonds, s'échappait un mince filet de lumière.

- As-tu vu ce qu'il se passe dehors ? (S'enquit Destro avec un sourire mauvais.)

- Je n'ai pas besoin de m'y attarder pour savoir leur arrivée proche. (Répondit-il d'une voix morne.)

- ça n'a pas l'air de te plaire.

- Manifestement, tu ignores des choses à mon sujet. J'ai été obligé de fuir les miens. Leur retour n'est pas pour me plaire. Ma race n'est pas connue pour sa mansuétude.

- En effet. Alors tu devrais peut-être fuir avant leur arrivée, non ?

Darnielin fit un petit geste irrité de la main.

- Je ne fuirais pas.

- C'est pourtant ce que tu as fait suite à ta tentative de putsch totalement ratée. (Lâcha Destro avec un large sourire.)

- Si tu es venu ici, si tu as massacré mes gardes et effrayé ma clientèle, tu dois avoir un objectif précis. (Déclara le démon d'un ton neutre afin de changer de sujet.)

- Il me semble avoir déjà répondu à cette question.

- Pas réellement. J'ignore ce que tu as commencé, quel était ton empire, comment nous nous sommes rencontrés ou encore pourquoi tu as besoin de moi.

Destro hésita un instant avant de tendre sa main. Le satyre la considéra une seconde à peine avant de faire de même.

- Mieux que des mots, laisse-moi te montrer.

Ils joignirent leurs mains et le démon eut un frisson quand un choc électrique traversa son corps comme le contact s'établissait. Des images remontèrent vers son esprit et s'y imposèrent.

" L'homme se tenait seul au sommet de la montagne battue par les vents. Ses cheveux ondulaient au gré de cet air froid qui aurait incommodé plus d'un humain. Les yeux rivés vers les cieux, il attendait, bouillonnant d'une colère sourde, la mâchoire crispée, les poings serrés et les muscles tendus. De petits points noirs apparurent au milieu des nuages et grossirent avec les minutes. Ils finirent par masquer le soleil, recouvrant la montagne et ses alentours d'une ombre menaçante.

- Venez... (Murmura-t-il, les dents serrés.)

L'homme se plaça en position d'interception. Cinq minutes s'écoulèrent dans une attente silencieuse et angoissante. Puis, des cris brisèrent le silence et les montres tombèrent du ciel vers l'homme qui bondit à leur rencontre.

- Je vous massacrerais tous ! (Hurla-t-il en laissant sa colère exploser.)

Les boules d'énergies côtoyèrent les coups de poings et de pieds dans un chaos monstrueux. Des hurlements résonnèrent et des corps tombèrent les uns après les autres, inertes. Et près d'une heure de combat plus tard, l'homme tomba au sol, à bout de souffle. Une dizaine de démons le lorgnaient avec colère et excitation. Le premier s'avança, ses mandibules claquant de manière frénétique et les autres le suivirent. Le guerrier se redressa maladroitement, le corps perclus de douleurs et secoué de tremblements. Il bondit et retomba deux mètres plus loin en s'étalant de tout son long. Le démon insectoïde se jeta alors sur lui. Destro se retourna et libéra une onde de choc qui repoussa son ennemi sans le tuer. Il se remit péniblement debout, en sueur.

- Je ne mourrais pas à genou... (Cracha-t-il dans un murmure.)

Un autre démon le chargea. Il poussa un cri monstrueux qui se mua en hurlement de douleur. Sa course s'arrêta, son corps commença à gonfler. Il hurla de plus belle, des spasmes secouant ses membres. Puis, il explosa. Des morceaux tombèrent en tout sens et l'inquiétude toucha les autres démons qui jetèrent des regards tendus autour d'eux. Un autre explosa, et encore un autre. Puis, une forme sombre, munie d'ailes, virevolta au milieu des survivants et les massacra les uns après les autres. Destro observa ses mouvements du coin de l’œil, à la fois impressionné et nerveux. Un éclat rouge s'échappait de la poitrine du monstre. En moins de cinq minutes, tous les démons étaient mort, à l'exception d'un seul. Celui-ci se posa aux coté de l'humain, les mains vers le ciel dans un signe pacifique. Ses ailes avaient disparu tout comme l'éclat.

- Qui es-tu ? (S'enquit Destro d'une voix éteinte.)

- Mon nom est Darnielin, Guerrier.

- Pourquoi m'as-tu sauvé et tué les tiens ?

- Je n'ai aucune allégeance envers l'empire démonique.

Destro inspira profondément pour reprendre son souffle et se redressa sans lâcher le satyre du regard, méfiant.

- Qu'attends-tu de moi ? (Demanda l'humain après un instant.)

- J'ai une proposition à te soumettre.

- J'accepte d'épargner ta vie, c'est déjà beaucoup. Maintenant, disparais.

- Ne sois pas si prompt à me repousser. Mon offre pourrait t'intéresser.

Destro poussa un soupir. L'envie de tuer le démon le traversa, mais il doutait d'être en état d'y parvenir pour l'heure.

- Tu as deux minutes.

- Laisse-moi te poser une question avant tout : Quel est ton ressenti vis-à-vis de cette guerre ?

- Elle m'insupporte, tout comme toi !

Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres du satyre.

- Alors ma proposition n'en sera que plus intéressante. Et si je te disais que je connais un moyen de mettre un terme rapide à la guerre ?

Destro haussa un sourcil, son intérêt piqué au vif en même temps que sa curiosité.

- Tu m'intrigues.

- Je m'en doutais.

- Et en quoi consiste-t-il ?

- C'est très simple. Un seul petit combat, un ou deux démons à tuer, et un contrôle total des armées... (Lâcha-t-il d'un ton mystérieux.)"

Darnielin rouvrit lentement les yeux, perplexe. Le contact venait de se rompre subitement quand Destro avait retiré sa main. L'homme avait probablement des souvenirs qu'il voulait garder secrets. Le satyre devait bien admettre être troublé par ces images. Au vu du pouvoir de l'homme, elles pouvaient tout aussi bien être factices que réelles. Mais le démon préférait croire qu'il s'agissait de la vérité. Il avait longtemps pensé à la manière de rencontrer cet être de légende, et ce scénario était l'un de ceux qu'il s'était imaginé.

- Je t'ai donc proposé de prendre la place de l'Illdinus ?

- Exactement.

- A toi, le Guerrier Millénaire ?

L'assassin opina.

- Et, ensuite ?

- Tu es devenu mon bras droit, mon second. J'ai uni les démons sous ma bannière, avec ton aide.

- Et vis-à-vis de la Terre ? Ton devoir est de la protéger. Mais je doute que les démons apprécient l'oisiveté.

- J'ai autrefois fait l'erreur de placer cette misérable planète et ses habitants sous ma protection. Mais désormais, je ne vois qu'une seule fin possible à cette histoire.

- Sa destruction ?

Il acquiesça avec un sourire féroce.

- La Terre deviendra un brasier ardent. Les milliards d'âmes qui peuplent cette planète y seront jetés et périront. Car telle est ma volonté.

Le satyre se pinça les lèvres de manière quasi imperceptible, mal à l'aise. Destro ne sembla pas le remarquer.

- Mais tu sais comment faire, désormais. Tu n'as pas besoin de mon aide. Alors, pourquoi être venu à moi ?

- Tu te trompes, mon ami. Sans le soutien d'un démon, même banni, je ne parviendrais pas à soumettre les tiens. Je resterais un étranger à leurs yeux.

- Tu veux que je te donne une légitimité. (Déclara simplement le satyre.) Quelqu'un qui montrera la marche à suivre. Qui sera en quelque sorte le garant de ta malveillance.

- C'est exactement ça.

Darnielin demeura songeur un moment.

- Et si je ne voulais pas ?

- Tu préfères rester un paria ?

Il haussa les épaules, légèrement amusé.

- Peut-être que ma vie me plaît.

Destro le dévisagea avec sévérité avant d'éclater de rire.

- Tes blagues sont toujours autant de mauvais goût, mais je dois admettre que j'ai failli y croire.

- J'aurais dû faire du théâtre. (Convint le satyre avec ironie.)

Destro reprit son sérieux.

- Alors ?

Darnielin fit un geste de la main au dessus de la table et des symboles scintillèrent dans les airs. Une bouteille suivie de deux verres se matérialisèrent devant le satyre. Celui-ci attrapa le flacon et retira la poussière qui recouvrait sa surface avant de le déboucher. Puis, il remplit les deux verres et en tendit un à son invité.

- Alors, buvons à notre alliance. (Lança-t-il avec un sourire.)

Destro inclina la tête sur le coté, trinqua avec son hôte puis considéra son verre un instant.

- Du Saint-Emilion. Année 1988. (Déclara doucement Darnielin.) Une grande année, tu peux me croire.

L'humain eut un petit sourire sans joie, songeur. Il opina de manière distraite et porta le liquide à ses lèvres. Mille neuf centre quatre vingt huit... C'était effectivement une grande année, celle qui l'avait vu naître. Il fit tourner le liquide dans sa bouche quelques instants avant de le laisser couler dans sa gorge. Un frémissement qui n'était pas dû au vin le secoua. Intérieurement, il sourit.

Commentaires


Suivez-moi

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • c-youtube

©2016-2022, Florian Gautier, Mirlina.

simplement.jpg
bottom of page